Session du 17 octobre 2011
Motion de soutien aux salariés de Philips
Déposée par Pascal Reuillard – Conseiller Général du Canton de Guérigny
Nous avons tous appris dernièrement par voix de presse, comme les 174 salarié-es de l’entreprise Philips, le projet de mise en vente de l’usine de Nevers et la recherche d’un repreneur.
En parallèle, depuis plus de 3 ans, notre département a vu disparaitre plus de 1 000 emplois industriels sans compter ceux des services publics et fermer de nombreuses entreprises. Face à ce triste constat, il y a, me semble t-il urgence à protéger nos emplois.
Je voulais tout d’abord exprimer toute ma solidarité aux 174 salarié-es et à leurs familles, que cette annonce plonge dans l’incertitude la plus complète, mais exprimer également toute ma détermination à œuvrer aux côtés des syndicats pour obtenir le maintien des emplois et des productions sur le site de l’usine Neversoise.
Je propose donc que notre Assemblée Départementale soutienne l’intersyndicale de Philips Nevers, interpellant très justement le groupe et leurs actionnaires pour leur faire entendre, qu’ils ne peuvent pas être les seuls décideurs de l’avenir du site Nivernais. Car même s’ils veulent nous faire croire le contraire, le groupe Philips va très bien.
Les résultats parlent d’eux même. Ils sont en progression de plus de 1 milliards d’€ en 2010. La branche éclairage du groupe va très bien aussi : un résultat en progression de près de 700 000€.
Même si les technologies évoluent, la demande existe et continuera à exister pour que perdure les productions de Nevers.
Il me semble légitime de dire non et de s’opposer à de tels procédés :
Ainsi je propose que l’on interpelle Monsieur le Préfet pour lui demander :
- d’obtenir un moratoire sur le projet de mise en vente et d’organiser la tenue d’une table ronde avec la direction générale de l’entreprise, les syndicats, les élu-es locaux dans leur diversité, et les pouvoirs publics pour étudier toutes les alternatives possibles, à partir de tous les éléments d’information que la direction du groupe doit rendre publiques (y compris celles dont disposent les banquiers de l’entreprise),
- d’envisager le remboursement, par le groupe Philips, de toutes les aides publiques perçues ces 15 dernières années,
- d’élaborer un audit contradictoire de la situation de l’entreprise permettant d’évaluer la réalité des difficultés de compétitivité avancées par la direction, et de déterminer les autres pistes envisageables pour la baisse des coûts de production (intérêts versés aux banques, dividendes versés aux actionnaires, prises de bénéfices de la maison-mère),
- de permettre au Comité d’Entreprise de faire des contre-propositions à partir de cet audit, permettant le maintien des emplois et des productions sur le site de Nevers, y compris des nouvelles productions intégrant les évolutions technologiques (LED) pour lesquelles les compétences et le savoir-faire sont disponibles à Nevers.
Je propose à l’Assemblée Départementale de demander également au gouvernement de prendre d’urgence des dispositions législatives permettant d’établir de nouveaux droits pour les salarié-es et les élus locaux face aux choix de gestion effectués par la direction des grands groupes. C’est essentiel pour notre cohésion sociale, pour l’avenir de nos territoires et pour la pérennité de nos outils industriels.