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 Jeudi 09 Février 2012 - Ste Apolline
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Mhère (58140) : fut le centre de la zone Euro jusqu’au 31/12/2007

Situation géographique

La commune de MHERE située en région Bourgogne, dans le département de la Nièvre, sur le canton de Corbigny.
Les habitants (290 - recensement 1999 - source insee) se font appeler les Mhérois.
Mhère est à une distance de 265 km de Paris, 148 km de Dijon, 70 km de Nevers.
Le territoire communal a une superficie de 2 525 ha.
Commune du Parc régional Naturel du Morvan, Mhère jouit d’une situation géographique privilégiée et offre un panorama sur les paysages boisés du Morvan, sur la vallée de l’Yonne et la vallée de l’Anguison.
L’activité économique principale est l’exploitation forestière.
crédit photo CG58

Centre de gravité

"Si l’on découpait l’Europe et que l’on la posait sur ce point, elle tiendrait parfaitement en équilibre."
Ainsi défini par l’ Institut Géographique National, la commune de MHERE a donc été reconnue comme le centre de gravité de la zone euro, jusqu’au 31/12/2007.
Ce centre a été calculé à l’aide de cartes aéronautiques numérisées et prend également en compte la courbure de la terre. Le résultat obtenu est précis à 200 mètres près !

Un peu d’histoire

L’origine du nom Mhère : on trouve cité en 1121 Meera, en 1150 Meder, en 1300 Mehers. Ces termes font penser au latin "materia" signifiant "forêt". Le portugais "madeire" a la même origine. Au 16ème siècle on trouve écrit Mère, puis Méhère au 17ème siècle. Mehère, Mehers, Mhers et Mhères sont les orthographes les plus fréquentes au 19ème siècle.

D’après une charte octroyée par Charlemagne à l’abbé de Flavigny, la paroisse remonte au 8ème siècle. Elle relève de l’abbaye de Corbigny. Un oratoire, bâti dans une importante métairie au 9ème siècle par les moines de Corbigny, servait d’étape sur la route allant de l’abbaye de Saint-Léonard de Corbigny aux jeunes moines devant se rendre à Flavigny dans l’année de leur ordination.
L’organisation féodale est complexe. Pour le civil, Mhère est divisée entre sept justices seigneuriales et relève en majorité de l’élection et du grenier à sel de Château-Chinon. Seuls les hameaux Chassy et Enfer dépendent de l’élection et du grenier à sel de Vézelay. La paroisse est en majorité rattachée au diocèse d’Autun et à l’archiprêtré de Corbigny même si quelques hameaux dépendent du diocèse de Nevers.
En 1667, l’évêque en visite dans la paroisse souligne le comportement scandaleux du curé et note : Grand cabaretier, il est incapable de remplir sa fonction étant imbibé de vin. La paroisse compte alors 150 familles et 400 communiants.
En 1751, dans son mémoire, le receveur des tailles, Sieur Dameron, note que Mhère, dépendant de l’élection de Château-Chinon, peut être « soulagée », c’est-à-dire que l’impôt à payer soit moins important, contrairement à d’autres paroisses qu’il estime devoir rester « en l’état » ou « augmenté ». Mhère rapporte seigle, avoine, blé noir et commerce de bestiaux et compte 84 feux, 18 charrues tant à bœufs qu’à vaches, et 14 charrues à 2 bœufs. Le montant de l’impôt de la taille pour la paroisse en 1750 s’élève à 2 000 livres, en 1751 après la demande de Sieur Dameron, à 1980 livres et en 1752 à 1940 livres. Cependant, dès 1753, le montant de la taille est réévalué à 2 060 livres.

Le cahier de doléances et remontrances de Mhère, rédigé en mars 1789, dénonce, comme bien d’autres cahiers nivernais les problèmes touchant la fiscalité directe et indirecte, les privilèges, le prix trop onéreux du sel et du tabac. Certains articles abordent des problèmes plus spécifiques au Nivernais : le mauvais entretien des ponts et des voies de communication qui nuit au développement du commerce, le poids que représente la milice provinciale, le bordelage et l’appropriation des communaux par le seigneur et le clergé. Certains articles du cahier de Mhère signalent des points propres à la paroisse. Ainsi les habitants se plaignent-ils de la mauvaise qualité de la terre qui ne produit que quelques cultures de mauvaise qualité (seigle, avoine, sarrasin et pommes de terre) et du nombre important des foires mal réparties où des droits sont illégalement perçus.
Le manoir de Chassy, maison de fermiers aisés ou de la vieille bourgeoisie, construit aux 17ème et 18ème siècles, appartient alors à la famille Marion, connue pour avoir compté sept généraux. La demeure sera modifiée au début du 20ème siècle.
crédit photo CG58
Au 19ème siècle, la commune de Mhère voit sa population s’accroître : de 900 habitants en 1800, elle passe à plus de 1300 âmes en 1886.
La chapelle Notre-Dame du Morvan dite du Banquet située non loin de la route départementale, domine la région à 554 mètres d’altitude. Son nom rappelle les festins qui s’y donnaient autrefois, probable survivance de coutumes antiques. Elle est bâtie en 1858 à la demande de André Marie Dupin, procureur général, souhaitant qu’elle devienne « le phare du Morvan ». L’architecte, M. Lenormand, réputé en France (suivi des travaux de l’église de la Madeleine à Paris élabore les plans et de nombreux artisans locaux participent à sa construction. En granit du pays, de style roman, elle est dédiée à la Vierge et prend le nom de Notre-Dame du Morvan. Mgr Dufêtre, évêque de Nevers, assure sa consécration en présence de nombreuses personnalités locales et régionales. Elle devient le second lieu de pèlerinage de la région avant d’être progressivement laissée à l’abandon après la Première guerre mondiale.
L’église Saint-Germain est reconstruite en 1861 par le maire Etienne Delagrange, en granit dans le style néo-roman du 12ème siècle pour remplacer l’ancien édifice du 15ème siècle partiellement détruit par les huguenots aux ordres du seigneur de Coulon. Les choix du maire suscitent le mécontentement des habitants : nouvel emplacement, déplacement du cimetière et destruction de l’église d’origine en mauvais état depuis les guerres de religion. De plus, les frais engagés pour la nouvelle église sont jugés trop élevés. Le projet aboutit cependant après l’intervention du préfet mais contre l’avis de la population. Un architecte de Clamecy, M. Grandpierre, en dessine les plans. Elle est consacrée par l’évêque de Nevers en 1864 et dédiée, comme la précédente, à saint Germain. Elle abrite le mobilier de la chapelle du Banquet et délimite une belle place centrale qui accueille les nombreuses foires.
Mhère bénéficie, de par la proximité de l’agence de placement de Lormes, de l’industrie la plus prospère : l’accueil des nourrissons de Paris ou des enfants de l’assistance. D’après les recensements du 19ème siècle, on peut noter que pratiquement toutes les maisons de la commune hébergent un nouveau-né.
L’activité agricole principale est la culture fourragère et céréalière (orge, avoine, seigle) réservée pour l’élevage d’ovins, de porcs et de bovins. Le blé est réservé à la meunerie.
L’activité industrielle est également importante : on recense plusieurs moulins et huileries. Quant à la vitalité économique, elle se manifeste par l’organisation de janvier à décembre de 11 foires, dont une réservée exclusivement à la vente des moutons.
crédit photo CG58
En 1911, à la veille de la Grande Guerre, on dénombre 1 240 habitants.
La Première guerre mondiale est une période charnière pour la commune. Un monument aux morts est inauguré en 1923 à la mémoire des 26 hommes de la commune tués entre 1914 et 1918. Le monument est dessiné par Eugène Vincent. Il mêle sur le plan symbolique d’une part, un aspect patriotique avec le motif au drapeau et à l’épée, la présence d’obus et une croix de guerre qui domine, et d’autre part un sentiment civique avec sa localisation au milieu de la place commune devant la mairie et l’alignement des noms des morts par ordre alphabétique, sans que le grade ou l’origine soit noté. Un second monument aux morts est abrité dans l’église. Après la Première guerre mondiale, l’exode rural commence. Le nombre des habitants décroît inexorablement et en 1936 on recense 834 personnes seulement.

Pendant la Seconde guerre mondiale, Mhère aide la Résistance. Des patriotes protégent et nourrissent un grand nombre de personnes qui fuient pour échapper au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.) en Allemagne et viennent se réfugier dans la chapelle de Notre-Dame du Morvan. Après la guerre, en 1946, la commune compte 783 habitants.

En 1960, la production de plantes fourragères et céréalières est, comme au 19ème siècle, la principale activité agricole. Chacune de 75 exploitations possède son attelage de chevaux, quelques-unes unes ont aussi un attelage de bœufs. Six tracteurs agricoles sont en service. La plupart des exploitations sont familiales et font l’élevage du veau pour la boucherie locale ou régionale, de moutons (on dénombre 8 troupeaux de taille moyenne) et de porcs, vendus à la foire ou à un commissionnaire pour la région dijonnaise. L’aviculture fermière se développe et trouve des débouchés avec les épiciers ambulants, les coquetiers régionaux et l’hôtellerie de la région du lac de Pannecière. Mhère a conservé des structures commerciales et artisanales anciennes. L’industrie est représentée avec la présence de deux moulins à blé et deux scieries. L’artisanat se compose d’une entreprise de maçonnerie et de deux maçons, de deux maréchaux-ferrants réparateurs de machines agricoles, de deux charrons, d’un menuisier, d’un sabotier, d’un cordonnier et d’une coiffeuse. Les commerces sont variés : on trouve une boulangerie, une boucherie, deux épiceries, trois hôtels-restaurants et trois cafés, dont un faisant tabac, épicerie et chambres. Les salariés sont répartis en une douzaine d’ouvriers agricoles étrangers à la famille, six ouvriers saisonniers, quatre bûcherons et trois ouvriers de l’industrie locale. L’école communale accueille 48 enfants. Une quarantaine de pupilles de l’Assistance à l’Enfance est élevée à Mhère mais le nombre baisse depuis la fermeture de l’agence de placement de Lormes.
Malgré cette vitalité, la population de Mhère vieillit : en 1959, on dénombre quatre naissances pour neuf décès, et deux mariages. Si on recense moins de 500 habitants en 1960, il n’en reste plus que 341 extrêmement dispersés en 1990 et moins de 300 à partir de 1995.
Depuis la guerre, Mhère connaît donc les mêmes difficultés que les autres villages du Morvan : la démographie décroît sensiblement, les activités traditionnelles disparaissent au profit du développement des résidences secondaires et de l’essor du tourisme.

Pour plus d’informations consultez le site internet de :
la commune de Mhère
le parc régional du Morvan
l’agence de développement touristique de la Nièvre

mise à jour le jeudi 17 avril 2008
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