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 Mercredi 23 Mai 2012 - St Didier
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L’Eau et la Nièvre

Le département « Nièvre » doit son nom à la rivière Nièvre, née de la confluence entre la Nièvre d’Arzembouy et la Nièvre de Prémery sur la commune de Guérigny. Le linéaire entre les sources et sa confluence avec la Loire est d’environ 50 km.
Le confluent de la Loire et de l'Allier - Sources : Agnès ANDRE

Autrefois nommée Vert Pays des Eaux Vives, la Nièvre possède près de 5000 kilomètres de rivières et canaux, pas moins de 2600 étangs recensés et plus de 450 sources exploitées pour l’eau potable.

L’existence des deux grands fleuves Loire et Allier, la présence des grands lacs tels que ceux des Settons et de Pannecière constituent une véritable richesse pour notre département.

Constitution géologique :
Située dans les formations géologiques du sud-est du Bassin Parisien, la Nièvre présente une grande variété de paysage en lien directement avec sa géologie :
   . La Loire et l’Allier et leurs nappes alluviales
   . La zone de la Puisaye et ses argiles et sables
   . La zone du « bazois » et ses grès silicifiés
   . Le centre nivernais et ses calcaires
   . Le morvan et son socle cristallin

Géologie de la Nièvre - Sources : BRGM► A l’Est, se trouvent les hautes terres cristallines du Morvan avec son point culminant le Haut Folin à 901 m. Cette zone de moyenne montagne est principalement boisée.
- En appui sur ce socle vient la dépression du Bazois avec ses argiles et marnes propices aux prairies.
- Vers l’Ouest, s’étend ensuite le Nivernais avec son substratum de calcaires hétérogènes, base d’une variété de paysage allant des vallons bocagers aux plateaux et coteaux viticoles de la Bourgogne nivernaise pour finir dans les vallées de la Loire et de l’Allier.
- Au Sud, principalement entre la Loire et l’Allier, les plateaux de sables et argiles du Bourdonnais marquent le paysage.
- Enfin, l’extrême Nord Ouest du département est caractérisé par des formations plus récentes correspondant aux plateaux de la Puisaye avec ses argiles, sables et grès
+ de détails : agrandir la carte]

Le réseau hydrographique de la Nièvre :
De part cette géologie variée, le climat est différent entre l’Est et l’Ouest du département. Le val de Loire connaît un climat à influences océanique avec des précipitations moyennes de 600 à 800 mm par an tandis que le Morvan subit un climat semi-continental dont la pluviométrie moyenne peut atteindre les 1000 à 1500 mm par an.

L’hétérogénéité de ce substratum géologique entraîne en plus des paysages contrastés, des ressources en eau en quantité et qualité très différentes.

Le réseau hydrographique de la Nièvree - Sources : CG58-DEFDD/SDE Ainsi sur la zone du Bazois par exemple où les formations sont plutôt marneuses nous avons un important chevelu hydrographique dont les débits sont tributaires essentiellement de l’intensité des pluies. A l’inverse dans les secteurs où ce sont d’épaisses formations de calcaires qui dominent, comme dans la région du Nohain (Donzy, Garchy), c’est la nappe d’eau souterraine qui assure le débit des rivières en période estivale et en l’absence de précipitations.

A noter que les cours d’eau du département se déversent dans deux fleuves principaux : la Loire qui draine environ 75 % du département de la Nièvre et l’Yonne affluent de la Seine pour la partie nord-est. Cela explique la présence de deux agences de l’eau sur notre territoire.

+ de détails : agrandir la carte du réseau hydrographique


Les usages principaux de la ressource en eau dans la Nièvre :
- environ 23 millions de m3 d’’eau potable sont consommés chaque année, dont :
   . 95% issus des eaux souterraines
   . 5% issus des eaux de surface
- 17 millions de m3 sont utilisés par l’industrie
- 10 millions de m3 pour l’irrigation
- plus une part non évaluée utilisée pour l’énergie (hydroélectricité).

Répartition des captages dans la Nièvre :
En regardant sur la carte, la répartition des captages exploités pour l’usage « eau potable » il est très facile de retrouver la nature géologique du sous sol nivernais.

Carte du réseau des captages - Sources : CG58-DEFDD/SDE► en rouge et vert clair : les nombreux captages du Morvan exploitant de petits aquifères issus du socle cristallin.
Ces ressources sont localisées et parfois peu productives en période estivale d’où la réalisation de prises d’eau superficielle (en vert clair). Dans cette zone l’eau est très peu minéralisée (50 à 100 µS/cm) et les pH sont acides. Ces formations géologiques alimentent près de 24000 habitants avec 216 captages publics.

- en bleu ciel : les captages de la zone du Bazois issus des premières formations sédimentaires qui se sont déposées sur le socle. Les eaux souterraines de cette zone présentent naturellement des teneurs parfois excessives en plomb, fluor et arsenic.
Ces formations géologiques alimentent près de 16000 habitants avec 9 captages publics.

+ de détails : agrandir la carte du réseau des captages

- en jaune : les captages des plateaux des calcaires du nivernais. Les ressources en eaux issues de ces formations sont très vulnérables à cause des phénomènes de karstification(*) qui augmentent les vitesses d’écoulement entre la surface des sols et les exutoires des eaux souterraines (sources).
Cette ressource est vulnérable aux pollutions diffuses. Les caractéristiques globales de ces eaux sont d’avoir un pH quasi-neutre avec une minéralisation moyenne (400-600 µS/cm). Ces formations géologiques alimentent près de 60000 habitants avec 45 captages publics.

- en rose et bleu foncé : les captages exploitant les nappes alluviales de la Loire et de l’Allier. En relation directe avec les fleuves, ces nappes sont très productives et permettent d’alimenter 120 000 habitants avec seulement 45 ouvrages publics.
De pH quasi neutre et de conductivité moyenne, les eaux issues de ces formations sont parfois riches naturellement en manganèse et fer.

Vue des thermes de St Honoré les Bains - Sources CG58 A ce panorama, il faut ajouter une autre richesse de notre département : la Nièvre dispose d’un patrimoine exceptionnel en eaux thermominérales. A noter cependant que la seule station encore en activité aujourd’hui est la station thermale de Saint Honoré les Bains dans le sud-nivernais, mais autrefois il existait plusieurs autres exploitations de ces eaux profondes « aux mille vertus » avec notamment :
   . la station thermale de Pougues les eaux
   . les usines d’embouteillages de Saint Parize le Châtel ou encore
    de Fourchambault
   . les sources de Decize – Saint Aré


En conclusion, on peut affirmer que :
Le département de la Nièvre constitue une zone de ressource en eau variée, parfois vulnérable, qui doit sur du long terme :
- assurer le cycle de l’eau (respect des milieux aquatiques, etc.),
- assurer l’alimentation en eau potable des populations,
- permettre le développement de l’agriculture et de l’élevage,
- permettre l’approvisionnement d’activités économiques (industrie, agroalimentaire, énergie, etc.),
- permettre d’organiser les activités touristiques (alimentation des populations saisonnières, bases nautiques, canoë, etc.).

Lavoir à NeufFontaines - Sources : CG58-DEFDD/SDE Plus d’infos :
- Voir le document sur les eaux superficielles suivies par le Conseil Général
- Découvrir le réseau du Conseil Général sur le suivi du paramètre nitrate dans les eaux souterraines

- Découvrir le rôle et les missions des "Agences de l’Eau"
- Voir la base nationale ADES sur les données sur les eaux souterraines
- Accéder au site de la Diren Bourgogne

- Lire l’ouvrage « Les villes d’eaux oubliées » par M. Julien Gonzalez – 2005 (disponible aux Archives Départementales de la Nièvre ou consulter le site aquamania.net)



mise à jour le vendredi 15 juillet 2011
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