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 Mercredi 23 Mai 2012 - St Didier
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Zones humides : entre Terre et Eau

Extrait de la plaquette Zones Humides - Sources : CG58 Selon la loi sur l’eau de 1992, les zones humides sont des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire. La végétation, quand elle existe, est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année.

La loi sur le développement des territoires ruraux, dite loi DTR, du 23 février 2005, précise cette définition. Ainsi, d’après le décret n°2007-135 du 30 janvier 2007, les critères à retenir pour la définition des zones humides sont relatifs à la morphologie des sols liée à « la présence prolongée d’eau d’origine naturelle et à la présence éventuelle de plantes hygrophiles. En l’absence de végétation hygrophile, la morphologie des sols suffit à définir une zone humide ».

L’arrêté du 24 juin 2008, qui précise les critères de délimitation des zones humides, établit notamment une liste des plantes hygrophiles* caractéristiques des zones humides.

■ Typologie des zones humides du département de la Nièvre :
Les prairies inondables :
Sont des milieux en relation directe avec le cours d’eau. Elles sont immergées en périodes de crue et alimentées par la nappe du versant. Autour de la Loire, elles représentent de grandes prairies fauchées ou pâturées. Leur rôle est important pour l’expansion des crues (réduction de l’impact des inondations)

Les prairies humides :
Sont des prairies gorgées d’eau une partie de l’année et alimentées par des eaux de ruissellement. Elles assurent un rôle d’éponge permettant de stocker les eaux de crue et de les restituer en période d’étiage.
Les tourbières : Sont des écosystèmes très originaux et fragiles. Elles sont caractérisées par un sol saturé en permanence d’une eau stagnante pauvre en oxygène. La matière organique peu décomposée dans ces conditions asphyxiantes, forme la tourbe.

Les ripisylves :
Constituent les formations boisées longeant les cours d’eau. Elles peuvent être de simples haies ou faire quelques mètres de large. Les fourrés alluviaux sont des écosystèmes forestiers naturels alimentés par la nappe alluviale et par les eaux de crues. Ces deux milieux sont très importants pour lutter contre les inondations et l’eutrophisation des eaux.

Les mares :
Sont des plans d’eau de faible dimension et de faible profondeur. Elles sont alimentées par la pluie et les eaux de ruissellement. Le renouvellement des eaux des mares est lent (eaux stagnantes). Elles sont présentes dans divers milieux : prairies, champs cultivés, forêts, cours de ferme. Les plus fréquentes sont des mares abreuvoirs. Elles ne mesurent que quelques mètres carrés de surface et jusqu’à deux mètres de profondeur.
Malheureusement, elles sont de moins en moins utilisées et donc abandonnées. Elles représentent pourtant des habitats pour de nombreuses espèces animales et végétales à fortes valeurs patrimoniales.

Les zones marécageuses :
Sont des régions basses, couvertes d’eaux stagnantes sur une faible épaisseur, avec une végétation et une faune particulières.

Les étangs :
Sont des étendues d’eau douce stagnante, naturelle ou artificielle peu profonde.

Cliquez pour voir la plaquette de présentation ■ Les services rendus par les zones humides :
Soutien d’étiages, recharge des nappes :
Lors des épisodes pluvieux et des crues, les zones humides se chargent en eau comme une éponge. La restitution de l’eau se fait plus lentement que la décrue, directement au cours d’eau ou dans la nappe alluviale, ce qui permet de ralentir l’apparition des débits d’étiages estivaux et de limiter les conséquences de la sécheresse.

Régulation des crues :
Les zones humides, même celles de petite taille, absorbent une partie des eaux de pluie et limitent ainsi l’arrivée rapide de ces dernières à la rivière, comme des réservoirs, limitant ainsi l’amplitude de la crue. La majorité des zones humides de la vallée de la Loire, Allier, Nièvre,…sont des prairies humides situées de part et d’autre de ces cours d’eau. L’étalement des eaux en période de crue sur ces zones d’expansion retarde l’arrivée de la crue, et provoque un abaissement du niveau de la ligne d’eau à l’aval.

Filtre pour l’épuration de l’eau :
Les eaux de pluie ruisselant du bassin versant, peuvent être chargées en nutriments d’origine agricole et domestique ainsi qu’en traces métalliques, hydrocarbures et produits phytosanitaires. Les zones humides vont jouer un rôle de filtre, la végétation fixe les polluants qui seront dégradés par différents processus biochimiques. La sédimentation des matières en suspension au niveau des zones humides permet en outre de fertiliser les sols et d’améliorer la production fourragère.

Source de biodiversité :
Les zones humides sont des réservoirs de biodiversité : elles recouvrent seulement 3% du territoire métropolitain, et on y trouve 30 % des espèces végétales remarquables à forte valeur patrimoniale, et 50 % des espèces d’oiseaux. Les zones humides sont très recherchées pour leur richesse floristique, faunistique et pour l’attrait du paysage, et représentent par ailleurs un important vecteur de développement touristique.

■ Développer les territoires tout en préservant les zones humides :
Deux tiers des zones humides ont disparu au cours du XXème siècle, soit trois fois la superficie de la Corse !
La liste des activités humaines en partie responsables de ce constat ne peut être exhaustive : la disparition d’une zone humide peut être liée à la création d’une voie de circulation, au changement de pratiques agricoles, à l’urbanisation, à l’amenée de remblais, à la dérivation d’un cours d’eau, etc.

Certains boisements (peupliers en bord de rivières, résineux dans des prairies humides), l’implantation d’étangs, des pompages excessifs, peuvent également avoir des conséquences irréversibles.
Un développement des territoires doit néanmoins se poursuivre - tout en préservant ces éléments du patrimoine en soulignant un fait : les zones humides, essentielles pour la ressource en eau et pour la protection des inondations, représentent aussi un intérêt économique.

■ Les zones humides et l’activité agricole :
La conservation de certains milieux est directement liée au maintien d’une activité agricole. C’est le cas notamment pour les prairies humides du Morvan, ainsi que pour les prairies inondables.

Mais souvent les revenus liés à l’élevage extensif ne sont pas suffisants, ce qui peut conduire à un abandon de certains espaces. Il convient de permettre la rémunération de l’agriculteur pour un service rendu à la société. Les mesures agri-environnementale (MAE) peuvent constituer un des outils adaptés.

Afin de mieux protéger les zones humides, le Conseil général de la Nièvre a réalisé un inventaire (1) :
Il permet d’avoir aujourd’hui une pré-localisation des zones humides, utile notamment pour :
    • protéger la ressource eau,
    • favoriser la prise en compte des zones humides dans les documents d’urbanisme et appliquer des mesures de protection adaptées,
    • valoriser les richesses faunistiques et floristiques existantes,
    • informer les bureaux d’études et les maîtres d’ouvrages sur l’intérêt des zones humides.

■ Plus d’infos :
- Téléchargez la plaquette de présentation des Zones Humides
- DED - Service de l’environnement
    . 6-8, rue des Places - 58000 NEVERS
    . Tél. : 03 86 60 69 41
    . Courriel : espacesnaturels@cg58.fr
- DED - Service de l’eau
    . Rue Jean Giono
    . 58640 VARENNES VAUZELLES
    . Tél. : 03 86 71 81 28
    . Courriel : sde@cg58.fr

Ont collaboré à ce travail :
- La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) Bourgogne,
- La Direction Départementale des Territoires de la Nièvre,
- Le Parc Naturel Régional du Movan,
- La Maison de l’Environnement entre Loire et Allier,
- La Société d’Histoire Naturel et des amis du muséum d’Autun,
- La Communauté de Communes des Amognes (animation natura 2000).

(1) Ce travail a été effectué par M. Nacer Harbi, dans le cadre d’un projet de fin d’étude Master 2 en zones humides et Biodiversité.

* Plante hygrophile : Plante qui croît dans les milieux humides inondés temporairement. ex : joncs, roseaux, carex, etc...

Vue de la Loire - Sources : CG58
mise à jour le vendredi 25 novembre 2011
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