Enfin la pluie ! Lors du comité des usagers de l’eau qui s’est réuni le 25 avril, le secrétaire général de la Préfecture a annoncé qu’il ne proposera pas d’arrêté de "restriction des usages de l’eau", comme cela était envisagé avant que la situation météorologique ne change.
Le niveau des cours d’eau qui était extrêmement bas remonte de façon très nette depuis le 25 avril. Des cours d’eau débordent à l’exemple de la Nièvre d’Arzembouy qui connaît une crue de fréquence quinquennale.
La situation des nappes reste cependant inquiétante.
Les pluies de printemps sont moins efficaces que des pluies hivernales pour l’alimentation des aquifères souterrains.
L’eau qui tombe sur des sols qui étaient très secs ne pénètre pas, ou peu, dans le sous-sol. Elle représente le plus grand bien pour la végétation. Les cultures et les prairies qui ont souffert du début de printemps très sec retrouvent un peu de vigueur.
■ La situation des cours d’eau dans la Nièvre :
Le graphique ci-après montre le comportement de la Nièvre d’Arzembouy à Poiseux. Le 21 avril le débit est voisin de 0,5m3/s – soit le débit le plus bas observé en avril depuis que la station de mesure est en place (1976).
Le 27 avril le débit a été multiplié par 66. Il atteint 33 m3/s.
Sources :
Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable
La plupart des cours d’eau de la Nièvre connaissent une situation assez similaire à celle de l’Ixeure. Les débits sont conséquents, mais inférieur à ce qu’ils sont, en moyenne, à la même période.
■ Les nappes d’eau souterraines … des situations variées :
La situation peut être observée sur chacune des ressources de la Nièvre. Le niveau est mesuré dans des puits ou des forages, qualifiés de « piézomètres ». On remarque ainsi que les nappes ont bénéficié en décembre et janvier d’une « recharge », liée aux précipitations. Mais après avoir beaucoup remonté les nappes ont entamé leur descente et ce, beaucoup trop tôt dans l’année.
Le graphique ci-dessous présente le comportement du piézomètre de Bouhy.
On remarque à l’observation des évolutions du niveau que celui-ci est remonté en janvier au niveau de juillet 2008. Mais la descente débute très tôt, comme en 2011. Les pluies d’avril ne permettront pas d’inverser la tendance.

Sources :
http://www.ades.eaufrance.fr/
Les « petites » nappes du Morvan :
Sur le Morvan des sources naissent dans des fonds de vallons, appelés mouilles. La quantité d’eau captée dans l’arène granitique* est très dépendante des conditions météorologiques. Ainsi lorsque la pluie et la neige hivernales sont faibles, la « recharge » n’est pas correcte et une source peut tarir en été. Aujourd’hui la pluie et la neige ont permis de « retourner » une situation qui était assez grave sur certains captages.
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L’arène granitique est le matériau lié à l’altération des granites en surface. Ce matériau sablo-argileux s’accumule dans les vallons et peut constituer des « mouilles » qui constituent des réservoirs d’eau et donnent naissance à des petites sources.
La nappe du Bazois :
Etendue sur toute la partie centrale de la Nièvre, elle représente une ressource abondante. C’est une nappe majoritairement captive*. Elle est en grande partie recouverte par les argiles du Bazois et ainsi protégée des pollutions. Elle a toutefois le défaut de contenir du fluor, de l’arsenic et du plomb, éléments naturels liés à la minéralisation du « silicifié »*, à des teneurs qui peuvent être excessives au regard de la réglementation.
Dans la Nièvre, deux piézomètres permettent d’observer le niveau de cette nappe :
- à Montaron, à l’est, le niveau connait une baisse très nette.
- à Monceaux-le-Comte la baisse est beaucoup moins marquée.
Aucune difficulté sur cette nappe qui présente une grande inertie.
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Une nappe est dite captive si elle est surmontée par une formation peu perméable où la surface aquifère est très poreuse et si la charge hydraulique de l’eau qu’elle contient est supérieure au toit de la nappe.
Lorsque la charge hydraulique est supérieure à la cote du sol, l’eau remonte jusqu’à la surface en cas de forage, on parle de puits artésien (et de nappe artésienne). Source wikipédia

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Silicifié : Le « silicifié » est un niveau d’une dizaine de mètres d’épaisseur qui s’intercale entre le socle cristallin et les premiers dépôts transgressifs sédimentaires (argiles du Trias supérieur, grés du Rhétien, marnes et calcaires de l’Hettangien). Source BRGM
Les nappes des calcaires du Nivernais :
On distingue :
• La nappe dite des « Calcaires et marnes du Dogger-Jurassique supérieur du Nivernais nord », qui s’étend entre La Charité sur Loire et Clamecy, qui dessert notamment les régions de Donzy et de Varzy.
• La nappe dite des « Calcaires et marnes du Lias et Dogger du Nivernais sud » qui s’étend entre Prémery au nord et Nevers au sud, entre Pougues-les-eaux à l’est et Saint-Benin d’Azy à l’Ouest.
• La nappe des « calcaires, argiles et marnes du Trias et Lias du Bec d’Allier » située au sud de Nevers, entre Loire et Allier.
La baisse observée sur les piézomètres est marquée, voire très marquée. Les niveaux atteints ne sont toutefois pas exceptionnels au regard des chroniques sur les 20 ou 30 dernières années.
Les nappes des calcaires, faut-il le rappeler, représentent une richesse considérable. L’eau stockée, restituée par des sources, permet le maintien d’un débit dans les cours d’eau que sont notamment le Mazou, le Nohain, le Sauzay, la Nièvre, de la Colâtre, etc.
• La nappe de l’Albien - dite de « l’Albien-néocomien libre entre Loire et Yonne », est rencontrée dans le nord du département, en Puisaye. Cette nappe constitue une ressource exceptionnelle pour l’ensemble du « grand bassin Parisien ». Nous l’observons à Arquian en Puisaye Nivernaise ou le niveau a peu varié.
Les nappes alluviales :
Les principales nappes alluviales constituent les ressources les plus utilisées dans le département de la Nièvre : 56 % de l’eau captée pour l’eau potable provient des nappes alluviales de la Loire et de l’Allier.
Les niveaux sont directement tributaires de ceux des fleuves. La situation est aujourd’hui redevenue normale.
Le risque de rupture de l’alimentation en eau potable sur certains captages est réel. Au regard de la situation qui avait été rencontrée en 2003 puis en 2005, des aménagements ont été réalisé (puits recreusés), des interconnexions qui peuvent permettre l’alimentation par des ressources voisines ont été mises en place. Est-ce que ce sera suffisant ?
■ Des cours d’eau qui ont été très bas, et dont le niveau remonte très vite !
La situation des cours d’eau directement liée à la pluviométrie de la dernière semaine d’avril. Tous les cours d’eau de la Nièvre atteignent des niveaux assez haut, voire débordent.
■ Développer le département sans nuire à ses ressources :
Aussi, s’il convient de s’interroger sur le développement de notre département, nous devons souligner que ses ressources naturelles, et notamment ses rivières, constituent un élément essentiel qu’il est vital de préserver, quoiqu’il en soit. Les activités qui seront développées se devront de respecter ce patrimoine.
Dans le projet Nièvre 2021, l’action 7 est intitulée « Une charte départementale pour la préservation et la valorisation de la ressource en eau », elle s’inscrit dans le chantier « En 2021 …la Nièvre naturellement attractive ». Cette Charte, si elle est adoptée et mise en œuvre par les principaux acteurs du département pourra constituer un outil essentiel pour la préservation et la valorisation de la ressource en eau.
■ Un peu de géologie, pour mieux comprendre la situation :
Autrefois nommée Vert Pays des Eaux Vives, la Nièvre possède près de 5000 kilomètres de rivières et canaux, pas moins de 2600 étangs recensés et plus de 450 sources exploitées pour l’eau potable. Située dans les formations géologiques du sud-est du Bassin Parisien, le département présente une grande variété de paysage en lien directement avec sa géologie :
. La Loire et l’Allier et leurs nappes alluviales
. La zone de la Puisaye et ses argiles et sables
. La zone du « Bazois » et ses grès silicifiés
. Le centre nivernais et ses calcaires
. Le Morvan et son socle cristallin
=> Voir notre page spéciale
■ Plus d’infos :

Consultez
le site de la Préfecture de la Nièvre

Voir
le Bulletin INF’EAU de la DREAL Bourgogne - Synthèse d’avril 2012

Situation sur les petits cours d’eau :
http://www.rdbrmc.com/hydroreel2

Renseignements : CG58 - Service de l’Eau
Rue Jean Giono - 58640 Varennes Vauzelles
. Téléphone : 03 86 71 09 84
. Courriel :
sde@cg58.fr