Nous en retiendrons quelques-uns qui ont particulièrement marqué les esprits des Nivernais : les deux célèbres hommes politiques que furent François Mitterrand et Pierre Bérégovoy, l’ingénieur nivernais Vauban , le capitaine d’industrie Pierre Babaud de la Chaussade ainsi que l’illustre écrivain Jules Renard. Nous avons aussi présenté Louis Le Guillant, médecin-directeur du centre psychiatrique de La Charité sur Loire pendant le 2ème Guerre Mondiale, héros méconnu de la Résistance nivernaise à qui tant de personnes durent d’avoir la vie sauve.
Viendront bientôt rejoindre cette galerie de personnages :
Rosa BONHEUR
Jean-Baptiste COROT
Balthazar KLOSSOWSKI, plus connu sous le nom de BALTHUS
Niky de SAINT PHALLE
François MITTERRAND :
Homme politique né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente) et mort le 08 janvier 1996 à Paris.
Avec un mandat présidentiel ayant duré deux septennats (1981 à 1995), il détient le record de longévité à la tête de la République Française.
Sa carrière politique nationale est très riche : Engagé dans la Résistance durant la seconde guerre mondiale, il devient en 1947 le plus jeune ministre de France, lorsqu’il reçoit le portefeuille des Anciens Combattants. Puis il enchaîne les responsabilités ministérielles tout au long des dix premières années de la IVème République (il est successivement ministre d’Outre Mer, de l’Intérieur et Garde des Sceaux), après quoi il se retire quelques temps, n’étant pas en accord avec le gouvernement sur la question algérienne.
Durant les premières années de la Vème République, il n’est pas plus satisfait et s’insurge contre ses institutions et son instigateur Charles de Gaulle. A l’élection de 1965, il se présente comme candidat unique de Gauche, suite à la révision en 1962 et l’instauration de l’élection au suffrage universel direct, et obtient pas moins de 45 % des suffrages, plaçant pour la première fois de Gaulle en danger.

Après avoir manqué de peu l’élection de 1974 face à Valéry Giscard d’Estaing, il devient Président de la République en 1981 et est réélu facilement en 1988.
Parmi ses actions, on retiendra pêle-mêle de nombreuses mesures sociales, l’accroissement des libertés locales et de la liberté d’expression, un combat de tous les jours pour la Paix internationale et pour le strict respect de la séparation des pouvoirs, etc... Il est également l’initiateur de nombreux " grands projets " parmi lesquels l’Arche de la Défense, la Bibliothèque Nationale (qui a depuis pris son nom), ou encore le Grand Louvre.
Parallèlement à cette carrière politique très riche sur la scène nationale, le destin politique de François Mitterrand est également étroitement lié à la Nièvre. Cet " enfant du pays ", comme on le surnomme dans le Morvan, a en effet vécu durant 35 ans une expérience nivernaise qui lui a valu un enracinement politique profond dans le département. Cet attachement naît progressivement, alors que rien au départ ne le prédestine à s’établir en Nièvre.
C’est en fait plus un concours de circonstances... Après la guerre, en juin 1946, Mitterrand se présente aux élections de la cinquième circonscription de Paris et c’est l’échec complet : sa liste arrive avant dernière...
Quelques mois plus tard, le chef du parti radical, Henri Queuille, toujours en quête de " jeunes loups " pour les circonscriptions difficiles, parachute François Mitterrand dans la Nièvre 15 jours avant l’élection sans que celui ci ne connaisse le moins du monde ce département.
Le 10 novembre 1946, il est néanmoins élu député de la Nièvre. A partir de là commence sa grande aventure nivernaise. Député de 1946 à 1958, Sénateur de 1959 à 1962 puis à nouveau député entre 1962 et 1981 (année de son élection à la Présidence de la République), il est parallèlement conseiller général du canton de Montsauche (1949 - 1981), Maire de Château-Chinon (1959 - 1981) et Président de Conseil Général de la Nièvre (1964 - 1981).
Dès son arrivée, il apprécie les Morvandiaux, les paysages, les traditions nivernaises. Sa seule attache dans la Nièvre est alors l’Hôtel du Vieux Morvan à Château Chinon où il loue une petite chambre à l’année, de laquelle il sait apprécier le panorama exceptionnel que forment les Monts du Morvan.
Cet enracinement politique s’achève en 1981, date à laquelle il s’adonne à plein temps à la plus grande des responsabilités politiques nationales, celle de Président de la République. Mais son attachement personnel pour la Nièvre sera quant à lui intact jusqu’à la fin de sa vie.
Pierre BEREGOVOY :

Homme politique né le 23 décembre 1925 à Déville-lès-Rouen et mort le 1er mai 1993 à Nevers. Il fut une personnalité marquante incontestable pour le Département de la Nièvre.
D’abord ouvrier fraiseur puis employé à la SNCF, son engagement politique ne tarde pas à s’affirmer quand, dès 1942, il prend part activement à la Résistance. Dès lors, tout s’enchaîne et cet engagement se fait de plus en plus présent.
Il adhère à la SFIO en 1944 et fonde une section syndicale tendance FO, puis participe, aux côtés de Pierre-Mendès France, à la fondation du futur PSU en 1958, avant de rejoindre en 1969 le " Nouveau Parti Socialiste ".
1974 est une année déterminante puisque c’est l’année qui marque le début de son aventure aux côtés de François Mitterrand.
A l’élection de ce dernier à la Présidence de la République en 1981, Pierre Bérégovoy enchaîne les portefeuilles ministériels (les Affaires Sociales, Economie et Finances) sous les gouvernements successifs de Mauroy, Fabius, Rocard et Cresson, avant d’être lui-même nommé Premier Ministre entre avril 1992 et mars 1993.
Parallèlement à cette carrière politique nationale très active, il s’engage à corps perdu dans la vie politique de Nevers et de la Nièvre.
Il devient Maire de Nevers en 1983 en remplacement de M. Daniel Benoist, démissionnaire en sa faveur, et député de la Nièvre la même année, puis Conseiller Général du canton de Nevers-Est en 1985.
La décennie 1983-1993 est ainsi la décennie de l’émancipation de la Nièvre sous l’impulsion d’un homme : Pierre Bérégovoy. Ce dernier s’engage à 100 % pour le désenclavement du département, avec pour principal objectif de lui fournir les armes nécessaires pour survivre dans ce monde gouverné par une compétition économique intense.
Avec lui, la Nièvre connaît sa période faste de développement économique.
Il a notamment beaucoup œuvré sur le dossier de la RN7, levier important du désenclavement. Ce dossier essentiel a certes été entamé avant son arrivée mais c’est sans conteste sous l’impulsion de Pierre Bérégovoy qu’il s’est accéléré. C’est lui qui obtiendra notamment un engagement financier plus que conséquent de la part de l’Etat pour ce projet. C’est aussi lui qui décidera de faire une deux fois deux voies en 1989. Ajoutons à cela la fin des travaux de la déviation de Saint-Pierre-le-Moutier en 1986, l’ouverture de la déviation de la Charité-sur-Loire en 1990 etc...
Nous pouvons ainsi comprendre le caractère indispensable du personnage quant à l’avancement de ce dossier et sa part de responsabilité dans le désenclavement progressif de la Nièvre...
Autre dossier qui répond tout à fait à cette volonté de désenclavement : celui du circuit de Nevers Magny-Cours. En effet, la Nièvre et la France doivent à M. Bérégovoy l’un des plus beaux circuits du monde. C’est en mars 1987 que le véritable feu vert est donné et que démarre la construction du circuit. Et c’est le 7 juillet 1991 qu’a lieu le premier Grand Prix de France en terre nivernaise, en présence de François Mitterrand et sous les yeux de pas moins de 100.000 spectateurs.
Outre l’aspect sportif et le pouvoir d’attraction que le circuit possède sur des milliers et des milliers de personnes en France et même dans le Monde, Magny-Cours, c’est aussi la perspective de naissance de multiples emplois, via la création en 1991 d’un Syndicat mixte chargé d’assurer le développement et l’aménagement d’un technopôle.
L’aménagement de Magny-Cours est donc un dossier primordial pour le Département à double titre et Pierre Bérégovoy en est tout simplement le chef d’orchestre...
En tant que Maire de Nevers, il a aussi beaucoup oeuvré pour la ville en elle-même, afin de la rendre plus agréable à vivre au quotidien. Citons pêle-mêle, parmi ses nombreuses actions, la signature d’une convention de revitalisation du commerce de centre-ville en 1991 avec le Ministre du Commerce et de l’Artisanat, son action globale de développement social qu’il s’agisse de la réhabilitation des logements HLM ou d’actions diverses en faveur des quartiers les plus défavorisés (Cité des Ducs, Le Banlay, La Grande-Pâture, La Baratte, Les Bords de Loire). Citons encore le développement de la ZAC des Grands Champs, ZAC qui deviendra un pôle commercial essentiel pour la commune et ses alentours.
On lui doit aussi une importante politique de réhabilitation culturelle et la mise en place de formations supérieures, ces deux orientations ayant pour but de retenir les forces vives du territoire qui s’exilent en masse.
Au niveau de la culture, il s’engage dans la valorisation des patrimoines nivernais, celui de
Bibracte et du Mont Beuvray d’abord, en obtenant notamment d’importantes dotations du Ministère de la Culture.
Il promeut par la suite Nevers au rang des villes d’art et d’histoire, La Charité-sur-Loire au rang de " cité monastique et place forte ", autant de procédures capables d’apporter à la Nièvre une image plus attractive et plus porteuse en terme touristique.
Concernant le développement de l’enseignement supérieur et technique, son action est énorme ! On lui doit pêle-mêle le développement des filières BTS, le DEUG de Droit, l’ISAT, le développement d’un pôle universitaire avec 4 départements IUT, un Lycée Agricole à Challuy, l’Ecole Nationale des Conseillers d’Education Routière, etc...
Les Neversois et les Nivernais le savent, ses adversaires politiques le reconnaissent, jamais personne n’a autant fait pour Nevers et la Nièvre que Pierre Bérégovoy. Depuis sa disparition, les hommages se multiplient et tous s’accordent à saluer la force de caractère et l’énergie dont il a fait preuve pour mener à bien ses nombreux projets et désenclaver ce territoire auquel il s’était tant attaché. Parce qu’il était devenu un Neversois d’adoption, son souhait de reposer dans SA ville (d’adoption) n’étonna personne, tant il aimait revenir y passer son temps libre.
Pierre Babaud de la Chaussade : les " Forges Royales " de Guérigny :
Pierre Babaud de la Chaussade est né à Bellac le 27 septembre 1706 et mort à Paris le 12 août 1792.
Maître de forges, il développa et fit des forges royales de Guérigny une manufacture d’importance nationale qui constitua l’une des manufactures les plus importantes de France. Elle le restèrent jusqu’à la première moitié du XXe Siècle.
Rachetées par l’Etat en 1782, une ordonnance royale leur conserve le nom de " Forges de la Chaussade " en signe de reconnaissance pour les services que Pierre Babaud a rendus à la France, elles ont comme vocation principale les fabrications pour la Marine d’ancres et de chaînes. On leur doit notamment les ancres (15 tonnes de fonte chacune) du légendaire paquebot " France ".
Les Forges, fermées en 1971, témoignent d’une longue tradition métallurgique, les bâtiments industriels du Vieux Guérigny, d’un grand intérêt architectural pour l’Histoire qu’ils représentent sont aujourd’hui inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Faisant suite à cette fermeture, l’association des "Amis du Vieux Guérigny" a été créée en 1975. Son but est de sauvegarder la mémoire du passé industriel de Guérigny et de ses environs. Elle gère un musée consacré à l’histoire des Forges et de la métallurgie nivernaise sur le site des "Anciennes Forges Royales".
Les "Compagnons du Jeudi" réalisent des maquettes et préparent une Exposition renouvelée chaque année.
L’association s’est dotée en 1988 d’un Conseil Scientifique composé de professeurs d’Université, d’ingénieurs et d’historiens, dont les travaux sont publiés dans une édition annuelle intitulée "Le Marteau Pilon", qui fait revivre l’histoire de la métallurgie nivernaise. Des rencontres d’histoire de la métallurgie sont organisées périodiquement et les Actes font aussi l’objet de publications.
L’ensemble des activités relatives à l’histoire des techniques, recherches historiques, publications, expositions, colloques, muséologie, constituent le Centre d’Etude de la Métallurgie Nivernaise.
Plus d’informations : Musée des Amis du Vieux Guérigny
Louis LE GUILLANT : homme de combats et homme de progrès

Né le 26 février 1900 à Lorient (56) d’un père marchand de tissus et d’une mère institutrice - Décédé le 8 février 1968 à Paris (75).
Louis Le Guillant suit des études de médecine et de sciences naturelles en 1918 à l’Université de Rennes (35). Il réussit coup sur coup les concours d’interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine (1926), puis chef de clinique de neuropsychiatrie infantile (1929) et enfin celui de médecin-chef des hôpitaux psychiatriques où il fut reçu major de sa promotion (1931).
De 1932 à 1944, il est le médecin-directeur de Centre Hospitalier Spécialisé (ex hôpital psychiatrique) de la Charité-sur-Loire (Nièvre).
Il a le courage, le 16 juin 1940, de libérer les internés juste avant l’arrivée de l’armée nazie. A partir de 1941, son humanisme le pousse à travailler dans l’ombre pour la Résistance. La nuit, il opère les Résistants blessés (notamment du maquis Marriaux). Il offre par ailleurs un abri à l’hôpital, pour les sauver de la déportation, à des maquisards, des réfractaires au STO (Service du Tavail Obligatoire) et des juifs, qu’il fait passer pour malades mentaux afin de mieux les protéger.
Au cours de l’année 1941 il publie une étude intitulée "
Remarques sur la libération forcée de 89 internés" faisant ainsi référence à l’expérience tentée le 16 juin 1940 quelques heures avant l’arrivée des allemands au sein de l’hôpital où ils installeront la Kommandatur jusqu’en 1942. A noter que 37% des malades libérés sous la pression de ces circonstances accidentelles se sont, contrairement à l’avis du médecin qui les avait envoyé à l’asile, montrés aptes à vivre en liberté...
En 1943 et 1944, Louis Le Guillant est membre du Conseil technique de l’enfance déficiente et en danger moral, dirigée par le professeur Heuyer.
Fin 1944 il fait partie du Comité Départemental de Libération - sorte de Conseil Général provisoire - où il représente le mouvement de résistance "O.C.M." (organisation civile et militaire).
De 1944 à 1947, il est conseiller technique auprès du ministre de la Santé, François Billoux, chargé de la coordination des services de l’enfance déficiente et en danger moral.
Entre 1945 et 1968 il est membre du conseil d’administration des CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’éducation Active). En 1947, il est nommé médecin chef des hôpitaux psychiatriques de la Seine. Entre 1947 et 1965, il occupe un poste à l’hôpital psychiatrique de Villejuif. En 1949 et 1950, il prend la direction médicale du Centre d’observation de Vitry. En 1950, il participe à l’ouverture du Centre de traitement et de réadaptation sociale de Villejuif.
Louis Le Guillant fut très actif dans le domaine des publications. Il participe à plusieurs revues. Il fonde en 1946 la revue Sauvegarde, revue des associations régionales de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence. Il est membre du comité de rédaction de la revue Enfance en 1948. Il participe également à une autre revue, La Raison, dont il est le cofondateur en 1951, avec notamment les docteurs Bonnafé, Follin, Lafitte et Wallon. Il en est le rédacteur en chef jusqu’en 1956. Chevalier de la légion d’honneur, officier de l’Ordre de la Santé publique, il part à la retraite en 1965.
Il a publié plusieurs ouvrages et articles : "
Le psychiatre et l’enfance " dans le premier numéro de La Raison en janvier 1951, "
La névrose des téléphonistes " dans La Presse Médicale de février 1956 ou encore "
Jeunes difficiles ou temps difficiles ?", aux éditions du Scarabée en 1961.
Extrait de l’allocution du Docteur Henry EY aux obsèques de Louis Le Guillant, le 10 février 1968.
"
Louis Le Guillant a été toujours comme il était à l’orée de sa carrière, aussi passionné pour sa tâche, aussi ardent dans la discussion, aussi intraitable dans la défense d’un idéal qui, au travers de ses variations enthousiastes, a toujours été le même : cet amour de l’humanité qu’il réservait jalousement, ombrageusement à ceux qui lui paraissaient les plus humbles et les plus humiliés.
C’est que l’élégante silhouette de son personnage, parfois la superbe désinvolture de son jugement, toujours le raffinement et les nuances de sa dialectique relationnelle, ce rien de souveraineté qui était comme un trait aristocratique de son caractère, ce style brillant de sa manière souvent exquise de paraître, n’étaient que les remous et les reflets d’une flamme intérieure qui n’a jamais cessé d’être brûlante et de brûler. "
Sources :
- Centre Hospitalier Charcot - 56854 CAUDAN
- Eric PIERRE - CNAHES - CAMT (
Voir le répertoire numérique)
Biographie et publications :
- Louis Le Guillant, Quelle psychiatrie pour notre temps ?, Erès, 1984
- Drame humain du travail - Essai de psychopathologie du travail
Yves CLOT - Louis LE GUILLANT ©2010 (1ère édition 2006) Clinique du travail - dirigée par Yves Clot et Dominique Lhuilier.
Jules RENARD :
Ecrivain classique et membre de l’Académie Goncourt né le 22 février 1864 à Châlons du Maine (Mayenne) et mort le 22 mai 1910 à Paris.
Si c’est en Mayenne qu’il naît un peu par hasard, son père y travaillait à ce moment-là à la construction du chemin de fer, c’est bien dans la Nièvre, patrie de son père qu’il grandit.
Il arrive en effet à Chitry-les-Mines dès l’âge de 2 ans. Il écrira d’ailleurs plus tard : " J’ai le droit de me dire enfant, enfant par le cœur, de Chitry-les-Mines. C’est bien là que sont nées mes premières impressions ".
Après son enfance à Chitry, il passe son adolescence à Nevers où il est pensionnaire, avant de partir vivre à Paris à l’âge de 17 ans, tout en continuant d’effectuer de nombreux séjours dans la Nièvre, à Chaumot notamment. Cet attachement à la terre nivernaise se concrétise d’ailleurs à la fin de sa vie par un engagement dans la vie de ces deux communes : il est successivement Conseiller municipal de Chaumot puis maire de Chitry de 1904 jusqu’à sa mort.
Son oeuvre entière est marqué par un ton incisif dû notamment à une enfance malheureuse. Cadet de trois enfants, il est le souffre-douleur de la famille ; il puise d’ailleurs son inspiration dans cette situation, quand il écrit son énorme succès Poil de Carotte en 1894, qu’il met en scène au théâtre en 1900.
Ses autres romans, Le Vigneron dans sa vigne (1894), Histoires naturelles (1894), Bucoliques (1898), sont tous également inspirés de la vie dans la campagne nivernaise et des Nivernais qu’il continue de côtoyer le plus souvent possible. Enfin, il passe ses dernières années à écrire son Journal (entre 1897 et 1910), caractérisé par un style ironique, humoristique et introspectif. Il ne sera publié que 15 ans après sa mort et est considéré par beaucoup comme étant le chef d’œuvre de sa vie.
Centenaire de la mort de Jules Renard : un site consacré à l’écrivain a été réalisé à partir de fonds de la Médiathèque Jean-Jaurès et des Archives Départementales de la Nièvre. Pour accéder à ce site, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant : Site Jules Renard
VAUBAN :
Sébastien Le Prestre de Vauban, né le 15 mai 1633 à St Léger de Foucheret (Yonne) aujourd’hui St-Léger-Vauban et mort à Paris le 30 mars 1707, résidait dans son château de Bazoches (Nièvre) où il réalisa ou fit réaliser les plans de toutes les forteresses et villes qu’il fortifia.
Ingénieur et architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français, il est nommé par Louis XIV Commissaire général des fortifications en 1678, puis Maréchal de France en 1703. Il perfectionna la défense des villes et dirigea lui-même de très nombreux sièges notamment ceux de Lille en 1667, et de Philippsburg en 1688. C’est la victoire de Maastricht qui pousse le roi à lui offrir une forte dotation lui permettant d’acheter le château de Bazoches en 1675.
Désormais sa réputation de preneur de ville est établie et l’on dit même : " Une ville construite par Vauban est une ville sauvée, une ville attaquée par Vauban est une ville perdue. "
Vauban a voulu faire de la France un " pré carré ", selon son expression, protégé par une ceinture de citadelles. Il a ainsi créé ou élargie plus de 180 forteresses et donné son nom à un type d’architecture militaire : le système Vauban repris même hors de France. Son but est de préserver durablement le territoire de l’invasion étrangère en rationalisant le système de défense. Il va alors pousser le roi à révolutionner la doctrine militaire défensive de la France en concentrant les places fortes sur les frontières du Royaume c’est la " ceinture de fer " qui protège le pays : le " pré carré " du roi. Il introduit également des innovations dans l’armement et fait des propositions pour réorganiser l’armée et la rendre plus efficace.
Vauban a aussi construit l’aqueduc de Maintenon. Il s’est intéressé à la démographie et à la prévision économique.
En 1707, il préconise le renouvellement du système fiscal du royaume et publie un ouvrage intitulé Projet d’une dîme.
Le souvenir des guerres de religion dont a souffert sa région natale a pu l’influencer dans son Mémoire pour le rappel des huguenots, qu’il rédige en 1689. Vauban condamne l’édit de Fontainebleau qui en 1685 révoque l’édit de Nantes. Il perd la faveur du roi à la suite de ses critiques à l’égard de la politique générale notamment sur la question protestante.
Dans bien des circonstances Vauban a exprimé son attachement à " son Morvan " pays où il aimait vivre. Il a passé son enfance à Saint-Léger-de-Fourcheret dans l’Yonne. Il s’établit ensuite à Epiry en 1661, il y demeure jusqu’en 1681, année où sa famille peut désormais vivres à Bazoches.
Dans cette paroisse, deux lieux ont compté pour Sébastien Le Prestre. Tout d’abord la terre de Vauban qui a donné à la famille son nom. Le château est une ancienne maison forte datant du XII ème siècle. L’autre lieu est la terre de Bazoches, une ancienne seigneurie dépendant du comte de Nevers. Vauban réalise son désir d’acquérir le château féodal en 1675. Il s’intéresse à la vie du village et à l’église Saint-Hilaire. Il participe à la construction du chœur et des chapelles, dont l’une est dédiée à saint Sébastien. Vauban offre un maître-autel de style baroque, ainsi qu’un tableau et une statue de Saint-Sébastien. Décédé en 1707, sa dépouille repose dans cette église.
L’homme possédait de multiples facettes : sa curiosité inlassable dans tous les domaines, ses connaissances acquises par les voyages innombrables qu’il fit à travers le royaume de France, son intelligence, sa clairvoyance et sa liberté intérieure l’auront conduit à réfléchir et à écrire sur toutes sortes de sujets.
Plus de détails : Plaquette Vauban (fichier pdf)
Vauban était un humaniste, ayant un certain goût pour la justice sociale. C’était toutefois un homme de caractère, exigeant dans son travail et très soucieux du respect de ses instructions. Il fut en outre le premier à faire distribuer des pipes et du tabac aux soldats. Ses origines modestes auront sans doute contribué à ses traits de caractères les plus humains.
D’autres informations : Musée vauban à St Léger-Vauban (89) ou Les amis de la Maison Vauban