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 Vendredi 10 Septembre 2010 - Ste Inès
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Situation économique du département de la Nièvre

Sur cette page vous trouverez le texte de l’allocution du Président Marcel Charmant, prononcé en préambule de la dernière session de l’Assemblée Départementale du 19 décembre dernier.

Monsieur le Préfet, Messieurs les Présidents, mes chers collègues, mesdames, messieurs,

Notre session de décembre est traditionnellement consacrée aux ultimes ajustements de l’exercice budgétaire avant l’entrée dans le débat d’orientation et la préparation du budget primitif de notre assemblée.

Cliquez pour écouter l'allocution du Président Marcel Charmant - Sources : CG58 Cette année, en raison de la crise économique et financière mondiale que nous traversons, dont les conséquences se font déjà sentir au sein des entreprises nivernaises et au niveau de l’ensemble de l’activité de notre département, il nous a semblé indispensable de procéder à un tour d’horizon de la situation économique et sociale du département avant de bâtir, dans un contexte difficile par ailleurs, l’architecture du budget départemental pour 2009.

La crise qui a d’abord atteint la sphère de la finance internationale s’est rapidement propagée, dans un système ultra-libéral qui s’était depuis longtemps affranchi de toute régulation, de tout encadrement et de toute intervention de la puissance publique, à l’ensemble de l’économie. Nous en sommes aujourd’hui aux prémices d’une crise sociale qui nous atteindra de plein fouet sans doute dans le courant de l’année 2009.

Comme moi, vous constatez dans notre actualité locale quotidienne, l’inquiétante évolution de la situation :
 . une hausse du chômage de 6% en un an
 . des menaces de dépôt de bilan de plusieurs entreprises
 . les situations de recours au chômage partiel de plus en plus nombreuses en cette fin d’année, chez les équipementiers automobiles notamment - et vous savez qu’ils sont très nombreux dans notre département - qui subissent le contrecoup des difficultés des constructeurs,
 . la multiplication des plans sociaux (IMP à Cosne, Faurécia à Cercy ) l’annonce de la fermeture du site d’Henkel en mars prochain qui entraînerait la perte de 166 emplois et les incertitudes qui existent sur le devenir de la SIL à Nevers où 57 emplois sont menacés, ainsi que de la clinique de Cosne sur Loire
 . et enfin la réduction drastique du recours à l’intérim dans les entreprises nivernaises.

Derrière cet arsenal de mesures, il y a malheureusement des hommes et des femmes qui vivront cette période des fêtes dans l’angoisse et dans l’inquiétude pour l’avenir. Je veux en cet instant leur dire, même si j’ai bien conscience que cela ne suffira pas à apaiser leurs craintes, que nous sommes à leurs côtés et que notre priorité aujourd’hui est de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour maintenir l’activité et le potentiel économique de notre département. Nous savons pouvoir compter à nos côtés sur la détermination du Conseil Régional de Bourgogne et sur la mobilisation des élus locaux.

Lundi dernier, le Conseil Régional a voté son budget 2009, en fléchant tout particulièrement son soutien à l’emploi, au pouvoir d’achat des ménages et aux investissements, c’est un signe fort, comme le sont les 30 millions d’€ programmés pour soutenir l’emploi et les entreprises par des aides à l’investissement, à la création reprises des PME, à l’exportation.

Je me suis entretenu avec François Patriat, Président du Conseil Régional de Bourgogne, de la situation économique de notre département, de nos craintes, mais aussi des possibilités qui s’offrent à nous. Il partage nos analyses et s’est dit prêt à soutenir les initiatives que nous serons amenés à prendre.

La Région joue ici pleinement son rôle et assure sa compétence en matière de développement économique, le Conseil Général devra quant à lui se consacrer à l’accompagnement social et se soucier en premier lieu de la situation des familles et des personnes privées d’emploi.

Cela ne nous empêchera pas de participer activement aux mesures spécifiques de réindustrialisation de nos bassins d’emploi fragilisés, en s’inscrivant dans le contrat territorial qui sera mis en place sur le bassin de Cosne, comme nous nous sommes investis précédemment dans le contrat territorial Nevers Sud Nivernais - qui arrive à échéance - et dans celui de Château-Chinon.

J’ai demandé à Monsieur le Préfet, qui a bien voulu répondre favorablement à ma sollicitation, de présenter le dispositif de relance mis en place par l’Etat pour répondre aux conséquences de cette crise. J’espère qu’il pourra dans quelques instants nous donner des éléments rassurants sur les engagements de l’Etat pour la Nièvre, ses infrastructures et pour ses entreprises.

M. Roulet, Président de la Chambre des Métiers, pendant son allocution - Sources : CG58 Si le plan de relance que vous allez nous présenter Monsieur le Préfet, consolide la capacité d’investissement du département, nous sommes tout à fait prêts à renforcer notre action de soutien à l’économie locale.

Toutefois, si l’action en direction des entreprises et des investissements est nécessaire, et nous en sommes tous ici bien conscients, deux axes indispensables sont les oubliés de ce plan de relance :
 - le pouvoir d’achat des ménages sans lequel il est vain d’espérer relancer la consommation et la croissance
 - et le soutien à l’action des collectivités locales.

Il nous faut en effet considérer, dans cette période de difficultés économiques, l’importance de la part que prennent les collectivités territoriales dans l’investissement public, elle représente actuellement les 3/4 de l’investissement public et je n’ai pas besoin de démontrer, notamment au secteur du bâtiment et des travaux publics de ce département, l’intérêt que représente le montant que le Conseil Général consacre annuellement aux travaux routiers et aux chantiers de construction et d’entretien de ses bâtiments.

Les investissements directs liés à notre cœur de compétences : collèges, routes et aux bâtiments départementaux représentaient en 2008 plus de 48 millions d’€ auxquels il faut ajouter 12 millions consacrés aux programmes d’intervention en direction des tiers et donc à l’investissement indirect.
En l’absence de soutien, les départements seront contraints de concentrer leurs efforts sur l’accompagnement social et le soutien aux plus fragiles de nos concitoyens, ce qui est la compétence première et l’obligation qui leur a été confiée, au détriment de leur investissement direct et de leurs subventions.

Je souhaite sincèrement que nous puissions maintenir notre effort et nous y sommes décidés, pour peu que déjà l’Etat s’acquitte de sa dette, dont je rappelle qu’elle s’élève pour la Nièvre à ce jour à 25 M€, pour la seule année 2008, de non compensation des interventions sociales que nous réalisons pour son compte.

Et au delà, il convient que les contributions auxquelles l’Etat s’est engagé, par exemple pour la construction du bâtiment des archives départementales, soient effectivement versées dans les délais de réalisation du chantier. Si ce n’était pas le cas, nous serions dans l’obligation - ainsi que l’a d’ailleurs suggéré Monsieur le Préfet de Région - de surseoir à cet investissement. Ce serait alors un manque à gagner de 18 millions d’€ pour les entreprises, dont le plus grand nombre sont nivernaises, mais ce serait aussi un surcoût financier important à terme, véritable gâchis inacceptable en ces temps difficiles.
M. Guillien, représentant le Président de la Chambre d'Agriculture, pendant son allocution - Sources : CG58
Je pense d’ailleurs que, plus que des aides, ce que les entreprises attendent ce sont des commandes. La proposition d’intégrer un soutien à l’investissement des collectivités territoriales dans les divers plans de relance annoncés, serait certainement l’aide la plus efficace en direction des entreprises. Je répète que les ¾ des investissements publics sont réalisés par les collectivités locales.

J’ai également sollicité, pour notre réunion de ce matin, l’intervention des Chambres consulaires, renouant avec une pratique que nous avions mise en place il y a quelques années sous la forme de « conférence des partenaires » qui consistait en un large échange avec l’ensemble des acteurs économiques et sociaux du département, préalablement à notre débat d’orientation budgétaire.

Je remercie,
 - Monsieur Roullet Président de la Chambre de Métiers
 - Monsieur Rossignol Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie
 - Monsieur Guillien représentant le Président de la Chambre d’Agriculture
d’avoir bien voulu accepter de participer à notre débat de ce matin et de nous apporter leur éclairage sur la situation des secteurs d’activité et des ressortissants qu’ils représentent.

D’ici le 13 février, date de notre débat d’orientation budgétaire, seront également organisées des rencontres avec l’ensemble des forces syndicales (patronales et ouvrières) de notre département, pour que cette consultation préparatoire soit la plus large et la plus ouverte possible.

J’ai d’ores et déjà reçu hier les représentants du personnel de l’entreprise SIL et notre collègue Michel Poinsard m’a représenté à une rencontre le 12 décembre avec les représentants du personnel d’Henkel.

Nous travaillons tous dans le même objectif : le développement de la Nièvre et l’intérêt des nivernais. Nous avons déjà démontré à de nombreuses reprises dans le passé, que la conjugaison de nos efforts permettait d’aboutir à de réelles et sérieuses perspectives d’avenir, je suis certain que dans l’adversité, nous saurons également, ensemble, agir pour la Nièvre.

Mme Morillon, Présidente de la Maison Départementale de l’Emploi et de la Formation, complétera la présentation avec un point sur la situation de l’emploi et de l’action que mène depuis plus d’un an maintenant la Maison Départementale de l’Emploi et de la Formation.

Monsieur le Préfet, je sais que vous êtes pressé et que vous devez nous quitter rapidement pour rejoindre Paris. Je vous remercie néanmoins d’avoir accepté d’intervenir en tout début de journée sur un sujet dont chacun mesure l’importance pour notre département.
Puisque, d’après mes informations, vous allez rencontrer des membres du gouvernement sur le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, je souhaiterais que vous puissiez être porteur de nos soucis et de nos difficultés :

- L’absence de compensation intégrale des dépenses que nous engageons pour le compte des politiques de solidarité nationale (APA, RMI, Handicap…) prive notre collectivité d’une grande partie de ses moyens d’action. Depuis 2002 (j’ai choisi cette date parce que c’est celle de la mise en application de l’APA) c’est près de 100 millions d’€ que nous avons dû prendre à notre charge, chacun peut imaginer l’utilisation que nous pourrions en faire.

- La réalisation de grands chantiers d’infrastructures, je pense en particulier à la mise à 2x2 voies de la RN7 au delà de Magny-Cours, sont de nature à atténuer l’impact de la crise et constitueraient pour nos régions un investissement productif.

- La décision de lancer la ligne TGV Paris-Lyon via Vierzon, Bourges et Nevers représenterait bien sûr un immense chantier qui soutiendrait l’activité économique mais serait aussi un formidable appel d’air pour le développement de nos territoires.

- Enfin, mais cette liste n’est pas exhaustive, dites à vos interlocuteurs, que la régionalisation en cours, via la RGPP, des services et des politiques de l’Etat, en éloignant les citoyens et les territoires des instances décisionnelles, va à l’encontre de la volonté de relance de l’économie et va accentuer la désertification des territoires ruraux. Après la Poste, après France Télécom, après EDF, après….. après…… tant d’autres la Nièvre va perdre encore un peu plus de ses capacités.

Trop longtemps nous n’avons pas été écoutés au profit de « grands économistes », de « grands stratèges », de « grands penseurs » qui pourtant nous ont conduits dans l’impasse où nous sommes aujourd’hui.
Et que dire de ces financiers qui nous donnent à longueur de journée des leçons de gestion et qui précipitent, leurs entreprises, leurs institutions et l’ensemble du système dans l’abîme.

Alors je me prends à rêver : si nous faisions un peu plus confiance aux forces vives de nos territoires, de notre pays, cela irait peut-être mieux. En tous cas je crois que ça vaut le coup d’essayer tant ceux « d’en haut » que je viens de citer ont fait faillite...

■ Plus d’infos :

 - Allocution du Président Marcel Charmant (MP3 - 13 Mo - 14 mn)


 - Télécharger le texte de cette allocution

mise à jour le vendredi 19 février 2010
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