Le message se veut clair et sans ambiguité : le Canal du Nivernais restera bien ouvert en 2012, malgré les travaux qui vont avoir lieu sur le barrage de Pannecière, qu’on se le dise !!
Ce canal qui serpente sur plus de 175 kilomètres via 116 écluses, entre Decize–Saint Léger des Vignes et Auxerre est alimenté, notamment, dans sa partie supérieure (bief de partage des eaux) par une rigole d’alimentation en provenance du Lac de Pannecière.
Rappelons qu’avant la construction du dit barrage, le canal était approvisionné par les eaux des barrages de Vaux et Baye, et la rigole de l’Yonne via une prise d’eau directe en rivière. La création du barrage de Pannecière a sécurisé l’alimentation du canal, qui s’effectue actuellement presqu’exclusivement par ses eaux via la rigole de l’Yonne.
Les travaux de réhabilitation des années passées effectués sur cette rigole, visent à sécuriser les débits amoindris qui proviendront du lac de Pannecière en 2012. Ce lac artificiel, d’une surface d’environ 520 ha pour 7,5 km dans sa plus grande longueur, va connaître un important événement.
En effet, son barrage(*) mis en eaux en 1949 va faire l’objet, de novembre 2011 à novembre 2012, de travaux de confortement qui nécessiteront sa vidange complète. A ce titre, le volume d’eau résiduel libéré en aval du lac sera limité et pourrait, en cas d’année particulièrement sèche, impacter les conditions de navigation sur une partie du Canal du Nivernais.
Conscients de ces possibles désagréments, les services gestionnaires de la voie d’eau (Conseil Régional de Bourgogne, Conseil Général de la Nièvre) et leur opérateur Voies navigables de France (VNF) associés aux acteurs économiques - ANPEI, Amis du Canal, Loueurs, ainsi qu’au Syndicat mixte d’Equipement du Canal du Nivernais se sont réunis au sein d’un "Comité de suivi" créé début 2011, et mobilisés afin d’engager ensemble, chacun dans leur domaine de responsabilités, des actions de nature à diminuer au maximum les risques d’interruption de la navigation.
■ Le contexte :
Depuis, la « récente » construction du barrage de Pannecière et le « règlement d’eau » qui lui a été associé, l’eau provenant de ce lac a permis d’augmenter et de fiabiliser le fonctionnement du Canal du Nivernais au cours des dernières décennies.
En 2012, il faudra faire fonctionner le canal uniquement avec le système d’alimentation d’origine. Le bon fonctionnement du canal sera alors suspendu au remplissage optimal des étangs des Vaux et de Baye et aux débits naturels de l’Yonne, déduction faite du débit réservé pour le soutien de l’étiage de cette rivière destiné à la protection des espèces qui la peuplent.
La pluviométrie de l’année 2012 et le débit naturel de l’Yonne induit, vont ainsi conditionner les ajustements nécessaires à mettre en œuvre dans la gestion du fonctionnement du Canal du Nivernais.
■ Les risques de perturbations :
Des perturbations, liées à un défaut d’alimentation en eau du Canal, seront possibles au cours de l’année 2012, uniquement en cas d’année décennale sèche, et des ajustements devront être pris en cas d’année quinquennale sèche sur certains tronçons de la voie d’eau. Ainsi, en dehors de ces éventuelles conditions climatiques extrêmes, aucun désagrément ne sera constaté.
Les mesures entreprises par les services gestionnaires de la voie d’eau et la création d’un comité de suivi :
Les différents gestionnaires ont souhaité anticiper et prévenir les dysfonctionnements en engageant d’une part des travaux sur le réseau et d’autre part en organisant un lieu de concertations et d’échanges avec tous les acteurs. Cela se traduit concrètement par :

des travaux d’amélioration de l’étanchéité de la rigole d’Yonne et de biefs Versant Seine et de plusieurs écluses (plus de 3,5 millions d’euros ces dernières années) limitant les pertes d’eau en raison de fuites.

la mise en place d’un comité de suivi, composé des collectivités, du Syndicat mixte du Nivernais, de VNF, ainsi que des acteurs extérieurs que sont les loueurs, les associations des usagers, dont l’ANPEI ; ce comité aura pour mission de diffuser une information en temps réel et d’organiser une prise de décision collégiale préservant ainsi au mieux les intérêts de tous.
Ce comité a déjà entériné certains éléments :
. une réduction concertée de la période de navigation fin 2011 et début 2012,
. la mise en œuvre d’un plan de communication qui débutera à l’automne 2011 dès le démarrage des travaux,
. la possibilité d’un regroupement des bateaux aux écluses sur des périodes si les conditions l’exigent.
=>Ainsi, la rumeur qui laisserait entendre qu’il n’y aurait pas d’eau dans le Canal du Nivernais au cours de la saison touristique 2012 est infondée, et très éloignée de la réalité des choses.
Les nombreuses actions complémentaires mises en œuvre par l’ensemble des gestionnaires (Conseil Régional de Bourgogne, Conseil Général de la Nièvre et leur opérateur VNF) et des partenaires, sécurisent au mieux les risques de défaillance qui restent possibles.
■ La demande forte d’une information plus étroite avec l’Etat :
La vidange de Pannecière reste inéluctablement un dossier sensible. Le Conseil Régional de Bourgogne a souhaité être associé au Comité de pilotage institué par l’Etat dès avril 2011 afin de prévenir les conséquences négatives de cette opération. Ce souhait n’est toujours pas satisfait et pose aujourd’hui un problème de gestion cohérente de l’ensemble du dossier.
■ Que va-t-on faire au barrage ?
Le lac-réservoir de Pannecière, compte tenu de la grande hauteur du barrage (50 m) et des volumes d’eau stockés (80 à 90 millions de mètres cubes), est soumis à des inspections complètes tous les 10 ans, afin de vérifier les parties habituellement immergées. Les trois précédentes vidanges décennales ont été effectuées en 1981, 1991 et 2001.

Une usine hydroélectrique exploitée par E.R.D.F. a été mise en service en 1950. Le barrage est géré par une Institution publique " Les Grands Lacs de Seine " qui regroupe les quatre départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.
En 2011-2012 et contrairement aux autres vidanges, Pannecière ne connaîtra pas une vidange décennale mais une vidange complète du lac, en raison des travaux prévus qui s’étaleront sur une durée d’un an.
Le barrage à voûtes multiples de Pannecière a été mis en eau pour la première fois il y a un peu plus de 60 ans et le comportement du barrage tel que suivi et relevé à l’aide des mesures d’auscultation est considéré comme satisfaisant. Cependant, plusieurs études et diagnostics ont néanmoins mis l’accent sur un certain nombre de phénomènes en relation avec les observations et les mesures d’auscultation auxquelles vient s’ajouter une évolution de la réglementation.
Ainsi se posent les problèmes de : gonflement du béton, stabilité des voûtes fissurées, résistance du pied des voûtes, résistance parasismique de l’ouvrage, dimensionnement des vidanges de fond.
Les expertises ont abouti à la définition d’un diagnostic, réalisé en 2004, puis l’établissement d’un programme de réhabilitation de l’ouvrage sous forme d’objectifs à atteindre et d’améliorations à apporter aux conditions d’exploitation du barrage et de la retenue.
Le maître d’oeuvre, "Les Grands Lacs de Seine", a retenu à l’issue du concours, le Bureau d’ingénieurs conseils "Tractebel Engineering S.A - Coyne-et-Bellier" comme maître d’ouvrage.
=> Pour en savoir plus sur les travaux prévus,
voir le site officiel des Grands Lacs de Seine.
■ Plus d’infos :

Conseil général de la Nièvre
Direction des Infrastructures et des Transports (DITN / SMO)
Tel : 03 86 61 87 02
Courriel :
envoyer un message

Syndicat Mixte d’Equipement Touristique du Canal du Nivernais (SMET)
5 Rue Moulin, 58110 Châtillon-en-Bazois
Tel : 03 86 84 05 66
(*) Voir un
diaporama de présentation des travaux de construction du barrage (Mairie d’Ouroux en Morvan, avec nos remerciements)