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 Vendredi 10 Février 2012 - St Arnaud
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Commémorations de la Résistance en Nièvre lors de la 2° Guerre Mondiale

Stèle du Maquis "Camille" - Sources : Stéphane Jean-Baptiste Commémoration : cérémonie qui rappelle le souvenir disent les dictionnaires. S’il est des souvenirs dont la Nièvre est riche, ce sont bien ceux des actes héroïques réalisés par les résistants nivernais pendant la période qui va de 1940 jusqu’à la libération du département par les armées alliées le 10 septembre 1944.

Le devoir de mémoire le plus élémentaire veut que l’on se souvienne et rappelle, notamment aux nouvelles générations, quels furent les actes de la Résistance et le prix de notre actuelle paix et liberté.


Les 7, 8 et 9 octobre :
Les Journées annuelles de la Fondation de la Résistance sse sont tenues à Nevers (58)

=> Voir notre page spéciale sur cette manifestation

■ Rappel de la situation en Nièvre :
La défaite de l’armée française consommée, la Nièvre est occupée en totalité dès la mi- juin 1940 par les soldats allemands.
L’appel du Général de Gaulle du 18 juin, en réponse au discours du maréchal Pétain de la veille, refusant l’armistice et incitant la population à poursuivre la lutte apparaît dans la mémoire collective comme l’acte fondateur de la Résistance.
Le Département devient alors un important refuge de résistants, où se développent de très nombreux maquis. Les Maquisards nivernais joueront un rôle primordial dans la Libération de la Nièvre.

Ce terme de "Résistance" comprend tous actes de renseignements, de sabotage, d’embuscades, d’exécutions, mais aussi de réquisition et de refus du STO (Service du Travail Obligatoire), d’impression et de distribution de tracts informant les populations afin qu’elles deviennent conscientes des conséquence de la politique de collaboration de l’Etat français (réfugié à Vichy) aboutissant à son effacement et à son asservissement complet.

Stèle du Maquis Bernard - Sources : Stéphane Jean-Bapstiste ■ La Résistance en Nièvre :
Dans la Nièvre comme partout en France d’ailleurs, elle naît du refus de la capitulation par une minorité de gens issus d’horizons politiques différents et parfois opposés. Ce n’est que très progressivement que cette Résistance, longtemps balbutiante, s’étoffe, se structure, s’organise en réseaux, en "Maquis" ayant leur coloration politique propre, qui prendront peu à peu et non sans difficultés le chemin de l’unité au moment des importantes batailles de juin, juillet et aoüt 1944.

Après des débuts très difficiles donc, la Résistance s’organise principalement en 2 groupes : les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) très attachées à un patriotisme non radical, et reconnaissant pour chef le Général de Gaulle, et les FTPF (Francs Tireurs Partisans Français) de sensibilité de gauche. Dans la Nièvre, les FFI sont dirigés par le Colonel Roche, et les FTPF par Roland Champenier.

Lors du débarquement allié en Normandie (6 juin 1944) le Nivernais-Morvan compte jusqu’à 48 unités résistantes réparties sur 8 secteurs d’action et dont les effectifs totaux approcheront les 10 000 hommes au moment de la Libération (résistants de la première heure et de la dernière y compris...) volant au secours de la Victoire.

L’armée allemande prend en août 1944 conscience de la nécessité de replier ses troupes du sud-ouest de la France en passant par le Morvan, en raison de la pression de l’armée de Patton (au nord) et du débarquement des alliés en Méditerranée (il aura lieu le 15 août).
Ce repli donnera lieu à de nombreux accrochages et batailles, liées au harcèlement mené par la Résistance, mais aussi occasionnera de multiples représailles et massacres exercés sur les populations, bien souvent prise en otage avant le déroulement des batailles.

Cérémonie de la Libération de Nevers - de g. à d. de Champeaux, le préfet Robert Jacquin, colonel Roche, Cdt Roland Champenier et de dos Pierre Gauthé - Sources : Jean-Claude Martinet ■ Quelques uns des faits qui se sont produits en Nièvre :
Si la résistance s’est manifestée durant toute la période 1940-1944 par de nombreux et courageux faits d’armes, il faut cependant signaler que les années 1940 - 1943 furent très difficiles pour les premiers résistants qui finirent tous ou presque arrêtés, torturés, exécutés ou déportés malheureusement bien souvent suite à des dénonciations. Mais leur action, leurs sacrifices avaient enclenché un mouvement irréversible de prise de conscience puis de révolte des populations, réfractaires au STO et aux exactions des occupants.

En 1944, à l’apogée du mouvement de résistance, une période a particulièrement été intense en actions mais a aussi connu son triste lot de représailles : entre le 1er juin et le 18 août 1944.
Dans ce laps de temps les archives officielles recensent rien moins que 94 opérations armées (embuscades ou rencontres fortuites) qui laisseront un lourd bilan : (chiffres approximatifs)
 . pour la Résistance : 173 tués et 111 blessés
 . pour l’armée allemande : 855 tués - 313 blessés

Citons pour mémoire :
- Dun les Places - 26 juin 1944  :
800 soldats hitlériens attaquent le Camp de Vermot (commune de Dun-les-Places), qui est un camp de résistance bien organisé, armé et défendu où l’on retrouve les Maquis Camille et Julien, les SAS britanniques de Jarry et un groupe FTP Félix.
Bilan pour la résistance : 2 tués et 5 blessés
Bilan pour l’armée allemande : 40 tués - 50 blessés.
 => Voir aussi le paragraphe "Massacre de Dun les Places.

- Donzy - Ste Colombe - Cessy les Bois - 1er juillet 1944 : "La bataille de Donzy"
Début de l’été 1944, deux des principaux maquis FTPF, ceux de la Forêt de Donzy et de Balleray (Arriot devenu Arriault) — furent attaqués par les soldats allemands de la Wehrmacht. Le Maquis de Donzy était le siège du P. C. des FTPF (Francs Tireurs Partisans Français) de la Nièvre.

Vue de la commémoration à Ste Colombe jeudi 2 juillet 2009 - Sources : Thomas Migault, Journal du Centre, avec tous nos remerciements Bien informée par certains collaborateurs, l’armée allemande forte d’environ 2500 hommes fait mouvement sur ce secteur, bien décidée à exterminer les maquis répertoriés dans la région charnière entre les Maquis de la Vallée de la Loire et ceux du Morvan. Une importante bataille fait rage. La Résistance fait mieux que résister et révèle un stratège et galvanisateur d’hommes hors pair : le commandant Roland Champenier (âgé de 20 ans). Largement inférieur en nombre mais doté d’un armement léger, puissant et efficace (fusils mitrailleurs, mitraillettes STEN et bazookas) issu des parachutages, il parvient à évacuer ses troupes au travers des lignes ennemies tout en leur causant des pertes importantes.
Bilan pour la résistance : 12 tués et 4 blessés.
Bilan pour l’armée allemande : 174 tués et x blessés, auxquels il faut ajouter un nombre important de désertions, dont certains rejoignirent les rangs de la Résistance.

- Arriault (Arriot à l’époque) sur la commune de Balleray - le 5 juillet :
Une des zones de parachutage de l’aide anglo-américaine aux résistants, cette commune est sujette à intervention des soldats allemands qui, en représailles, après une journée d’accrochage avec la Résistance, incendient plusieurs maisons du village : 1 femme brûlée vive et 5 civils exécutés.
Bilan pour la résistance : 2 blessés
Bilan pour l’armée allemande : 8 tués.
logo appel à la résistance
- St Ouen - les Essarts - le 8 juillet :
L’attaque du Maquis "Camille Baynac" (du nom d’un des tous premiers résistants de la Nièvre, arrêté par les Brigades Spéciales le 18 juin 1942 et fusillé au Mont Valérien le 11 Août) composé de 70 hommes, par les allemands - près de 3000 hommes en deux colonnes - sera un nouvel échec pour ceux-ci qui perdront près de 150 hommes, la Résistance dénombrant pour sa part 10 tués.

- Crux la Ville - 12 au 16 août 1944 :
Personne, ou presque, ne connaît Crux-la-Ville petite localité située au milieu du département de la Nièvre qui fut du 12 au 16 août 1944 le théâtre d’une terrible bataille entre Forces Françaises de l’Intérieur, à laquelle participaient de nombreux maquis, et la Wehrmacht. Par sa durée d’une part, et par les effectifs en présence d’autre part, cette bataille est la première en importance parmi celles engagées entre Allemands (entre 1500 et 6000 hommes environ selon les versions) et maquisards. Elle demeure le symbole de l’unité des F.F.I. et F.T.P.F. après les accords d’Ouroux du 4 août 1944.

S’ajouteront à cette liste toutes les victimes civiles liées aux représailles et autres actes de barbarie commis par les nazis. Citons là encore quelques exemples de cette folie meutrière :

- Massacre du village de Dun les Places - 26 juin 1944 :
Vue des ruines du village martyr de Dun les Places après les évènements - Sources : Jean-Claude Martinet Après leur échec de la bataille de Dun, et leur importantes pertes humaines, les soldats nazis, ivres de fureur, après avoir incendié la veille Montsauche et Planchez, vont alors assouvir leur rage sur le bourg de Dun-Les-Places, une paisible bourgade à l’ombre de sa petite basilique et qui sera le théâtre d’un affreux massacre.
Comme ce fut le cas à Oradour-sur-Glane de terribles représailles ont lieu : le hameau de Vermot est incendié. Fanatisés par leurs chefs nazis, les soldats détruisent les maisons puis rassemblent, tous les hommes et les jeunes gens devant l’église et les massacrent dont Anatole Emery, maire de Dun-Les-Places.

- Massacre du Maquis "Peguy" au Moulin de Chappe à Menou le 4 juillet et au "Grands Bois" à la chapelle Saint André le 8 juillet :
A deux reprises les soldats hitlériens bien informés par un collaborateur encerclent très tôt le matin deux camps du Maquis et finissent par l’exterminer.
Bilan pour la Résistance : 12 tués + 11 prisonniers exécutés à Cosne sur Loire.

- Massacre de Fours - Montaron - le 10 juillet :
1000 soldats allemands renseignés par un milicien infiltré encerclent la ferme de Corcelles, Pc du Maquis de Fours-Montaron "Libé-Nord" et détruisent la ferme et toute forme de vie.
Bilan pour la Résistance : 23 tués + 5 civils exécutés.

- Massacre de "Chaumard" - le 31 juillet :
Les allemands parfaitement renseigné par de jeunes collaborateurs attaquent le Maquis de Chaumard (dans le Morvan) et massacrent tout ce qui bouge.
Bilan pour la Résistance : 22 tués
Bilan pour l’armée allemande : 8 tués

Scènes de la Libération de Nevers - Sources : Jean-Claude MARTINET Nous n’avons cité que quelques uns des actes de la longue liste afférente à cette période. Face à un ennemi allemand supérieur en hommes, en armement, en nourriture et en expérience, mais aussi très bien renseigné par les collaborateurs français, les résistants (Hommes et femmes) de la Nièvre ont fait mieux que résister, ils ont empêché les mouvements de l’occupant allemand et retardé sans nul doute son repli, affaiblissant son dispositif militaire et favorisant l’avance des armées alliées.

Qu’un hommage particulier soit rendu à tous ceux qui se sont battus pour notre liberté et à ceux qui se reconnaîtront dans le terme Résistance mais qui n’ont pas pu être validés comme tels après la fin de la guerre...


■ Plus d’infos :
- Sources : (documents consultables aux Archives départementales de la Nièvre)
     . Histoire de l’occupation et de la résistance dans le Nièvre (1940-1944) de Jean-Claude MARTINET
     . La résistance en Nivernais Morvan - de Jean-Claude MARTINET - Editons Horvath
     . Les maquis du Morvan - Jacques CANAUD
     . La vérité sur la Maquis de Chaumard - Pierre DUCROC
     . Georges LEYTON dit "Socrate" - Pierre DUCROC
     . Maquis MARIAUX - Pierre DUCROC
     . Maquis BERNARD - Pierre DUCROC
     . ST PIERRE LE MOUTIER - 1940-1944



mise à jour le jeudi 17 novembre 2011
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